De la table à dessin au comité de direction.
La chaîne de valeur, de bout en bout.
Historien de l'art, styliste chaussure, directeur de collection, directeur de l'offre, fondateur. Chaque rôle a éclairé le suivant.
J'ai commencé par comprendre le vêtement de l'intérieur : histoire de l'art à la Sorbonne, stylisme chaussure, direction créative des collections femme chez Gianvito Rossi. Puis j'ai dirigé des collections et des budgets d'achats de 9,5 M€ par an, siégé aux comités de direction des groupes Eram et ARA, et au board européen de Salamander.
J'ai fondé AKINOM sans investisseur, avec mes propres décisions et mes propres erreurs.
Une trajectoire peu linéaire, et c'est ce qui la rend utile.
Les débuts : la mode comme discipline intellectuelle
Mon point de départ est l'histoire et la sociologie.
DEA d'histoire de l'art et archéologie à Paris IV, deux mémoires sur le costume masculin et son évolution. Ce regard (comprendre ce qu'un vêtement dit de son époque et de celui qui le porte) ne m'a jamais quitté. Il guide encore la façon dont j'analyse une marque.
Avant le produit, j'ai appris la marque par l'image : relations presse et défilés chez José Lévy, événementiel et presse pour Dior Homme et Givenchy, présentations et défilés chez Fashion Concept.
Puis une formation en stylisme chaussure à l'Institut Colbert, et cinq ans de missions pour des maisons et des créateurs : Gianvito Rossi, Zadig & Voltaire, Gérard Darel, Armor Lux, Bata. En parallèle, ma propre marque de chaussures homme est référencée dès sa première collection chez Sarenza, aux Galeries Lafayette, au BHV Marais et chez Maison Simons. J'y apprends ce qu'est une collection qui tient : cohérente, vendable, identifiable.
Les grands groupes : apprendre le scale
En 2013, je rejoins Heyraud (Groupe Eram) : 48 points de vente, 41 M€ de CA, une marque à repositionner.
J'y apprends qu'une direction de collection est d'abord une direction : des arbitrages d'achats, une équipe à constituer, un CoDir à convaincre, des indicateurs à tenir. En deux ans, la part de l'homme passe de 5 % à 35 % du chiffre d'affaires. En 2017, la marge globale a progressé de 27 %.
En 2017, je prends en mission de transition la direction de marque de Charles Jourdan (Groupe Royer) : relancer une maison emblématique et remettre ses licences internationales sur une même ligne.
En 2018, je prends la direction de l'offre France et Belgique chez Salamander (Groupe ARA) : 52 points de vente, 37 M€ de CA, un siège au board européen. Achats (9,5 M€ par an), logistique, e-commerce, marketing, CRM, transformation RSE du sourcing. Sept managers directs, membre du CoDir France.
Ces années m'ont appris qu'une marque est un système, et que la piloter demande autant de rigueur que de vision.
Ce que le terrain m'a appris à faire vite
Diagnostiquer une organisation à chaud : chez Salamander, l'audit qui ouvre le poste identifie en quelques semaines une équipe démotivée, un sourcing trop lointain, une logistique surdimensionnée. Le plan d'action se construit dessus.
Décider quand il n'y a pas de deuxième essai : transférer 80 % du sourcing au Portugal deux ans avant le Covid, piloter un PGE d'un million d'euros pendant la fermeture des magasins. Des décisions prises sans consensus préalable, avec les moyens du bord.
Fédérer une équipe qui doute : résorber un absentéisme élevé chez Salamander, construire le segment homme chez Heyraud avec une équipe en sous-effectif qui n'y croyait pas au départ.
Transformer l'expérience en méthode : mon mémoire de Master formalise ma pratique de terrain à travers les théories de la complexité d'Edgar Morin. Je l'enseigne aujourd'hui en Master à Aix-Marseille Université et à l'EIML.
AKINOM est le laboratoire qui valide ce que j'enseigne. qui valide ce que j'enseigne.
Aujourd'hui
Je cherche un poste de Directeur de Marque ou de Directeur de l'Offre en CDI, dans une ETI ou une maison qui doit repositionner sa marque ou redresser sa marge.
Une mission de transition peut en être le point de départ.